Claudy Malherbe (1950)

Géométries (1995)

pour voix parlée et chantée, trio de vents et trio à cordes

  • Informations générales
    • Date de composition : 1995
    • Éditeur : CRIMEdition
    • Commande: Ministère de la Culture (France)
Effectif détaillé
  • soliste : soprano solo
  • flûte alto, clarinette en la, cor, violon, alto, violoncelle

Information sur la création

  • 9 November 1995, France, Nanterre, ATEM-Théâtre des Amandiers, par la Compagnie Christian Trouillas et l'ensemble Sillages, direction : Philippe Nahon (création partielle le 24 mars 1995, au Prisme, Elancourt, France).

Note de programme

« La musique et la danse, différentes mais complémentaires, évoluent telles les deux lignes mélodiques d'un contrepoint, ou les trajectoires tour à tour distantes et imbriquées d'un pas de deux. La géométrie — science de tous les espaces — donne ici le pouvoir d'assembler en cohérence la musique, la danse, les lumières et la scénographie. »

Le noir, silence.

Enfin presque.
Une lueur bleutée affleure dans un souffle, un point de lumière qui dévoile des figures, les premiers mouvements des corps, la corde bruissante d'un instrument. La droite d'un archet bientôt multipliée par des traits lumineux esquisse un objet entre ligne, surface et volume. Un objet fait de lumières dont les évolutions construisent peu à peu l'espace chorégraphique et musical.
Tout s'anime. Les figures en mouvement dans un jeu de cache-cache et de transparences, d'orientations contradictoires déstabilisent le sonore et le visuel. Le moment des conflits commence.

Puis on entend une voix. D'abord souffles et bruits de la respiration elle s'émancipe, jouant des sonorités, fabriquant des mots. Comme elle découvre la parole et le geste elle s'invente en tant que personnage : je chante, je danse donc je suis.

Plus tard presqu'au centre, le jaune-blanc tel celui du soleil à midi et de la clarté aveuglante des moments du paroxysme. La chanteuse s'avance dans la lumière comme au concert. Mais tout bascule — l'espace et le temps — projetant la musique, la danse et la lumière entre passé et présent.

Enfin la luminosité vire au rouge et au sombre du crépuscule, s'élude. Le parcours et les figures inversés, l'énergie affaiblie, tout semble peu à peu consumé. Reste la mémoire. On peut tenter de la perpétuer en reproduisant les figures passées. Mais combien de temps ? Le rouge rejoint le bleu initial dans le noir ; les gestes ne s'échappent plus des corps ; l'attraction inéluctable du silence fond instruments et voix dans un souffle ultime.

Un jour est passé.

Claudy Malherbe.