Emmanuel Nunes (1941-2012)

Einspielung II (1980)

pour violoncelle seul

  • Informations générales
    • Date de composition : 1980
    • Durée : 13 mn
    • Éditeur : Jobert
    • Cycle : cycle 2 La création
    • Commande: Fondation Gulbenkian
    • Dédicace : à Martha
Effectif détaillé
  • violoncelle

Information sur la création

  • 19 May 1980, Portugal, Lisbonne, quatrièmes rencontres Gulbenkian de musique contemporaine, par Alain Meunier.

Note de programme

En arrivant à Berlin en 1958 pour y séjourner pendant un an, je venais de terminer Nachtmusik I et commençais à développer toutes sortes de « conjonctions » de « réseaux structurels » de différents matériaux pour Tif'ereth. À cette époque-là, ma conception, surtout du travail rythmique, avait subi un revirement assez profond et j'avais accepté l'idée qu'un certain nombre d'œuvres, dont les projets étaient plus ou moins définis dans mon esprit, iraient intégrer un cycle que j'ai appelé La Création. Ce baptême, plutôt « technique » que « cosmogonique », fut une conséquence de la manière dont je voulais développer les rapports entre les différents paramètres. Ces rapports devaient être à la fois généralisables et suffisamment « ouverts » pour que chaque pièce ne présente à l'audition qu'un degré de parenté avec d'autres qui soit uniquement le résultat de mécanismes, aussi bien sur le plan des procédés que de l'écriture. Dans ce même ordre d'idées, un ensemble assez large de structures mélodiques, basées sur ce que l'on pourrait appeler des matrices variables de rapports d'intervalles, allait être à l'origine de quelques pièces solo, dont fait partie Einspielung II composée en 1980.

Alors que dans Einspielung I, pour violon solo, le déroulement mélodique et l'agencement formel rendent à la quasi-totalité du discours un maximum de transparence, Einspielung II, par contre, recèle un enchevêtrement presque constant de plusieurs motifs qui sont rarement « exposés » dans leur intégralité, ce qui, à son tour, rend le découpage formel moins perceptible. Au dispatching quelquefois très rapide d'un « motif » à un autre vient s'ajouter, de façon prédominante, une variation en continuum des tempi (ritardando/accelerando). Dispatching et variation contribuent tous les deux à une certaine déstabilisation du flux sonore, tendant vers un effacement partiel mais important des repères syntaxiques. Principal aspect contrecarrant une telle déstabilisation : la simplicité quasi extrême des rapports entre les valeurs rythmiques de proche en proche.

Emmanuel Nunes.