Florence Baschet (1955)

Filastrocca (2002)

pour ténor, basse, ensemble instrumental et électronique

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 2002
    • Durée : 15 mn
    • Éditeur : Jobert
    • Commande: CIRM, Festival Manca, Nice
    • Dédicace : à François Paris
    • Livret (détail, auteur) :

      Marcello Fois

Effectif détaillé
  • solistes : ténor solo, basse solo
  • flûte, clarinette, cor, trombone, alto, violoncelle

Information sur la création

  • 8 November 2002, France, Nice, Festival MANCA, Église Saint-François de Paule, par L'Itinéraire, direction : O. Cuendet avec Fabrice Chomienne et Adrian Brand.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : CIRM Nice
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Carl Faia
Dispositif électronique : temps réel, amplification (synthèse granulaire, chœur virtuel (PSOLA), calcul des spectres formantiques, système MaxMSP-Ircam, pédale midi pour le chef, console de diffusion, amplification des 2 voix (micros HF) et des 6 instruments ; diffusion du matériel sonore électroacoustique)

Observations

Enregistrement du concert du 20 janvier 2003 à l'Ircam : https://medias.ircam.fr/x2d5dd0_filastrocca-florence-baschet

Note de programme

Filastrocca (2002) est une commande du CIRM pour le festival MANCA, reprogrammée à l’Ircam. La pièce est centrée sur le matériau vocal des chanteurs sardes de la Confrérie de Castelsardo. Musique traditionnelle exceptionnelle que l’on peut définir comme étant un « chant à résonance harmonique ». Les hommes du village de Castelsardo pratiquent depuis des générations cette technique vocale de tradition orale et perpétuée au travers du répertoire sacré : ils chantent a capella, en formation de quatuor de voix d’homme et par leur technique vocale, ils sont capables de créer l’émergence d’une cinquième hauteur entendue comme une cinquième voix appelée « la quintina ». Voix de femme que l’on qualifierait aujourd’hui de « virtuelle ».

En entendant cette musique séculaire, j’ai voulu écrire Filastrocca et tenter de définir ce lien entre archaïsme et modernité, un lien étroit que j’avais envie de sceller comme des manières d’alliance et d’alliages sonores entre ce XVe siècle vocal sarde et ma contemporanéïté. D’une part, ces techniques vocales sardes pratiquées depuis des siècles qui révèlent une connaissance intuitive certes, mais parfaitement exacte des propriétés sonores de la voix ; d’autre part, depuis quelques décennies, notre technologie avancée sur les propriétés physiques et formantiques de la voix (recherche scientifique avec ordinateurs, algorythmes et logiciels) qui nous a permis de faire d’énormes progrès en matière d’analyse, de simulation et de transformation de ces propriétés.

Il me semblait donc intéressant de mesurer la proximité / distance entre ces deux mondes musicaux et de les assembler dans un même et seul projet musical : une pièce pour deux voix d’homme, ensemble instrumental et dispositif électroacoustique.

Je suis donc partie en Sardaigne à Castelsardo où j’ai pu rencontrer les chanteurs de la Confraternità que j’ai enregistrés en chœur et séparément (bassu - contra - bogi et falsettu ). Ce sont ces « échantillons » sonores que l’on entend dans la pièce, sous leur forme originale et transformée, le matériau vocal des voix de Castelsardo étant omniprésent dans Filastrocca.

L’auteur italien Marcello Fois a écrit sur ma demande le texte de la pièce, un poème en langue sarde qui donne à l’œuvre musicale sa forme de « ritournelle », d’où le titre de Filastrocca, « celui ou celle qui file les mots ».

Avec mes remerciements à Mr Bernard Lortat-Jacob, chercheur au CNRS, ethnomusicologue et auteur du livre Chants de passion aux éditions du Cerf, 1998.

Avec mes remerciements aux chanteurs de la Confraternité de Castelsardo.

Florence Baschet.

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