Ondřej Adámek (1979)

Karakuri - Poupée mécanique (2011)

pour voix et ensemble

Informations générales

Date de composition : 2011
Durée : 19 minutes
Éditeur : Billaudot, Paris
Commande: État français

Livret (détail, auteur) :

Ondřej Adámek

Genre
Voix et/ou chœur et ensemble [1 voix soliste et ensemble de 10 à 25 instruments]

Effectif détaillé
  • soliste : soprano solo
  • flûte, clarinette, cor, trompette, trombone, 2 percussionniste, harpe, piano, violon, violon II, alto, violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • 24 septembre 2011, France, Besançon, Kursaale, par Shigeko Hata : soprano et l'Ensemble orchestral contemporain, direction : Daniel Kawka.

Note de programme

Les Karakuri Ningyo sont des poupées mécaniques japonaises typiques de l’ère d’Edo (XVIIe-XIXe siècle). Cette pièce s’inspire plus particulièrement des Karakuri du début du XIXe siècle, de leur aspect naturel, presque humain, et de leur mécanisme d’horloge, très complexe et détaillé.

La pièce se décompose en quatre mouvements. Le premier mouvement prend pour point de départ une vision que j’ai de Hisashige Tanaka (1799-1881), le créateur de ces poupées. Il est devant son miroir, en train de prendre diverses poses pour imaginer les mouvements d’une poupée qui doit représenter un jeune archer. On a ainsi, d’une part, la partie vocale, elle aussi pantomimique et, d’autre part, l’ensemble instrumental, qui joue le rôle du miroir. Très peu de texte dans ce mouvement, seulement quelques mots en français que j’imagine Hisashige Tanaka dire en même temps qu’il travaille : « gesttttte », « justtte », « tttttire », « flèche chevauche flèche », « vise la cible »…

Le deuxième mouvement est une liste détaillée, et en français, des segments de mouvements que cette poupée, représentant un jeune archer, doit exécuter :
- segment un : bras droit vers l’avant
- segment deux : tête tourne
- segment trois : l’avant-bras droit d’un mouvement brusque tire sur la flèche
- etc.

Le troisième mouvement est construit autour de la répétition rapide de mots tchèques, dans leur forme diminutive (d’où l’omniprésence du phonème « tsch »), désignant les pièces détachées du mécanisme de la poupée (kolečko kolečko kolečko kolečko, matička matička matička matička, osička osička osička osička…). Cette litanie répétitive se veut le reflet de la très grande concentration, voire de l’obsession, du créateur de ces poupées.

Le quatrième mouvement est très rythmé et mécanique : c’est la poupée elle-même qui se promène déjà et va sur les routes. Le texte semble là aussi un peu grippé, balbutiant, mais inexorable : poup-p-p-p-pé mec-canique méccanique… L’échantillonneur et l’ensemble instrumental accompagnent avec des bruits divers de mécanismes cliquetants.

Ondřej Adámek.