Pedro Amaral (1972)

Transmutations (1999)

pour piano et dispositif électronique temps réel

œuvre électronique, Ircam

Informations générales

Date de composition : 1999
Durée : 12 minutes
Éditeur : Inédit
Dédicace : à Marta Amaral

Genre
Instrument soliste [Piano solo]

Effectif détaillé
  • piano

Information sur la création

  • 29 septembre 1999, Paris, Auditorium Saint-Germain-des-Prés, concert du Cursus de composition de l'Ircam, par Jean-Marie Cottet.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Ircam, Cursus de composition
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Benjamin Thigpen (encadrement pédagogique)
Dispositif électronique : temps réel (Max/MSP)

Note de programme

Transmutations, pour piano solo et électronique en temps réel, constitue — sur le plan technologique, certainement, mais aussi sur le plan plus fondamental de sa conception, de son écriture même — le résultat direct de mon apprentissage à l'Ircam. Telle qu'elle a été conçue dans cette pièce, l'électronique en temps réel crée toute une approche rhétorique directement greffée sur le discours global. Ordinateur et instrument y participent comme deux forces indissociables qui s'opposent parfois, se croisent, se complètent.

Pour un tel travail, une condition préalable est nécessaire : la construction des deux plans doit s'opérer à partir des mêmes principes d'un langage commun. Autrement dit, l'électronique doit être écrite selon les mêmes critères qui gouvernent la partition instrumentale.

Paradoxalement, la nature propre et la richesse des moyens obligent à repenser ces critères. La rencontre des deux dimensions — partition versus instrument et programme — implique la mise en cause d'un certain nombre de principes et mène (une fois encore...) à une véritable recherche paramètre par paramètre. Outre les hauteurs et les durées — des « fonctions d'intégration », selon Pierre Boulez —, la dynamique et l'espace (le timbre étant fixé pour toute la pièce) induisent un développement individuel extrême dont les conséquences « contaminent » les autres composants du discours. Ainsi, si l'écriture partagée entre « la voix » instrumentale et celle de la machine doit être gouvernée par les principes d'un langage commun, ces principes sont, a priori, le produit d'une recherche et d'un développement catalysé précisément par ce partage. Tel est le paradoxe et, en même temps, la fertilité d'une confrontation possible des moyens.

Je remercie toute l'équipe pédagogique de son véritable soutien — aussi bien humain que professionnel — qui m'a permis de réaliser ce projet dans les meilleures conditions. Un très grand merci, en particulier, à Benjamin Thigpen pour sa compétence, sa disponibilité et sa générosité.

Pedro Amaral, programme du concert du Cursus de composition de l'Ircam, 1999.