Gilbert Amy (1936)

La variation ajoutée (1984-1986)

pour dix-sept instruments et bande magnétique

œuvre électronique, Ircam

Informations générales

Date de composition : 1984 - 1986
Durée : 18 minutes
Éditeur : Amphion, Paris
Commande: Ircam-Centre Pompidou

Genre
Ensemble instrumental 1 par voix [Ensemble instrumental mixte de 10 à 25 instruments]

Effectif détaillé
  • 2 flûte, hautbois, clarinette, clarinette basse, basson, cor, trompette, trombone, tuba, 2 percussionniste, harpe, piano, violon, violon II, alto, violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • 18 juin 1984, Paris, Ircam, Espace de projection, par l'Ensemble intercontemporain, direction : Gilbert Amy.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Ircam
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Denis Lorrain
Dispositif électronique : sons fixés sur support

Observations

Enregistrement : Ensemble orchestral contemporain, direction : Daniel Kawka, 1 cd MFA - 2e2m, 1998, 1015.

Note de programme

Un dispositif instrumental de dix-sept musiciens, partagé en plusieurs groupes (4 cordes, 6 bois, 3 cuivres, 2 percussions, 1 harpe, 1 piano) – répartis, si possible, selon une géographie spatiale dispersée dont les percussions forment les deux pôles –, répond aux sollicitations ou « appels » d'une bande où sont mixés des sons (presque tous « artificiels ») d'une percussion imaginaire : blocs de bois subitement prolongés dans leur résonance ; cymbales foisonnantes de glissades, coups mats de grosse caisse, cloches « multipliées », dans leurs composantes, à quoi s'ajoutent tantôt les couches de sons harmoniques « naturels », tantôt celles des résonances seules de « cloches » (privées de leur attaque ou modifiées profondément).

La variation ajoutée signifie cette découverte perpétuellement variée d'un matériau sonore de base, – selon l'angle d'écoute intérieur que le compositeur adopte –, que ce matériau soit calculé au moyen de l'ordinateur – où l'on peut agir au niveau de microvariations –, ou fourni par le travail classique à la table. Cela signifie, en plus, la nécessaire, mais pas toujours évidente, interférence d'un monde sur l'autre.

Prenons un exemple concret : l'analyse d'un spectre de cloche fournit une étonnante partition, avec la durée, l'intensité et la hauteur de chaque composante du spectre. Quoi de plus naturel que de prendre en compte ces données dans la composition, en les appliquant à d'autres modèles de sons instrumentaux ou artificiels ou en variant les paramètres par augmentation, diminution, transposition, etc., bref en faisant vivre musicalement ce qui peut paraître à première vue une donnée inerte et abstraite d'analyse fournie par une machine inconsciente.

Les éléments sonores de la bande magnétique ont été calculés par l'ordinateur VAX 11/780 selon les programmes Cmusic et Chant. Le travail informatique et sa mise en forme sonore ont été réalisés avec le précieux concours de Denis Lorrain, de janvier à mai 1984.

Certains calculs ont été effectués d'après des données élaborées par Jean-Claude Risset (« cloches »), Xavier Rodet et Jean-Baptiste Barrière (« cymbales »), que je tiens à remercier vivement.

Gilbert Amy.