Louis Andriessen (1939)

M is for Man, Music, Mozart (1991)

pour un film de Peter Greenaway, pour chanteur jazz et ensemble

Informations générales

Date de composition : 1991
Durée : 30 minutes
Éditeur : Boosey & Hawkes

Livret (détail, auteur) :

Peter Greenaway

Genre
Voix et/ou chœur et ensemble [1 voix soliste et ensemble de 10 à 25 instruments]

Effectif détaillé
  • soliste : voix soliste non spécifiée [jazz]
  • flûte, saxophone alto, saxophone ténor, cor, 3 trompette, 3 trombone, piano, contrebasse

Information sur la création

  • 22 septembre 1991, Pays-Bas, Utrecht, Netherlands Filmdays, par Astrid Seriese : voix et l'ensemble de Volharding, direction : Jurjen Hempel (musique seule) ; film présenté avec musique live en 1999 au Barbican Centre à Londres.

Titres des parties

  • The Alphabet Song ;
  • Instrumental I ;
  • The Vesalius Song ;
  • Instrumental II ;
  • The Schulz Song ;
  • Instrumental III ;
  • The Eisenstein Song.

Note de programme

En 1991, pour célébrer l'année Mozart, la BBC fit à Louis Andriessen et à Peter Greenaway la commande d'un film avec musique, pour leur série Not Mozart. Le prétexte de cette œuvre était Mozart mais Andriessen était surtout déterminé à créer une nouvelle œuvre pour le vingtième anniversaire de l'ensemble De Volharding et voulait écrire quelques chansons pour la chanteuse de jazz Astrid Seriese.

Pour leur collaboration, Greenaway et Andriessen se mirent finalement d'accord sur une forme symétrique : quatre chansons entremêlées de trois interludes instrumentaux.

Dans le film de Greenaway, un homme est créé par un procédé alchimique, puis perfectionné. « Ayant façonné un homme, il était nécessaire de lui apprendre le mouvement (donc de) lui apprendre à faire de la musique (…) il était alors nécessaire d'inventer Mozart. » Toutes les caractéristiques propres à Greenaway sont là : mysticisme, rituels secrets, combinaisons formelles et délires orgiastiques.

Andriessen a dit de Greenaway : « ce que j'aime dans cette œuvre est ce que j'aime dans la musique : cette combinaison d'agression, d'étrangeté et d'extrême formalisme. »

L'instrumentation de De Volharding comprend des saxophones et des cuivres, un piano et une contrebasse : la musique acquiert ainsi un caractère âpre, mordant. La partition d'Andriessen fait une référence explicite à la Création du Monde de Darius Milhaud et à l'atmosphère cabaret de Kurt Weill aussi bien qu'aux big bands et au boogie-woogie… et bien sûr à Mozart, par exemple dans le premier interlude où Andriessen transforme des thèmes de sonates pour piano de Mozart (K310 et K545).

Le texte de The Alphabet Song fut écrit par Louis Andriessen et Jeroen van der Linden à la manière de Greenaway, et les chansons suivantes furent écrites par Peter Greenaway lui-même. Dans celles-ci, il se réfère à trois personnages : l'anatomiste du XVIe siècle Andreas Vesalius, l'écrivain polonais Bruno Schulz et enfin le réalisateur soviétique Serge Eisenstein.

Steve Martland et Nick Breckenfield, traduit de l'anglais par Jérémie Favreau, programme Agora 2000.

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