Pierre Boulez (1925)

Structures pour deux pianos (1952)

premier livre

Informations générales

Date de composition : 1952
Durée : 12 minutes
Éditeur : Universal Edition

Genre
Duo [Duo de pianos]

Effectif détaillé
  • 2 piano

Information sur la création

  • 4 mai 1952, France, Paris (création partielle : Ia), par Yvette Grimaud et Yvonne Loriod.
    13 novembre 1953, Allemagne, Cologne (création intégrale), par Olivier Messiaen et Pierre Boulez.

Observations

Enregistrements : Alphons et Alois Kontarsky, 1 Cd Wergo, n° 8911-2 ; Pierre Boulez et Yvonne Loriot, 1 Cd Col legno n° AU 031 800.

Titres des parties

Ia ; Ib ; Ic

Note de programme

Le premier Livre de Structures pour deux pianos marque une étape importante non seulement dans l'évolution de Pierre Boulez, mais également dans le développement de la conscience musicale occidentale, par l'extension du phénomène sériel aux quatre composantes sonores (hauteurs, durées, attaques, intensités) et la fonctionnalité de la conception sérielle désormais responsable de l'espace acoustique et formel à l'intérieur duquel elle est destinée à se mouvoir.

C'est là, pensons-nous, un premier pas vers les recherches en musique électronique qui suivront dans les studios de Cologne et de Milan.

Fondée sur la première division du Mode de valeurs et d'intensités d'Olivier Messiaen, l'œuvre se compose de trois mouvements :

  • Ia. Brève succession de séquences exposant différents éclairages possibles du matériau sériel réduit à sa plus simple expression.
  • Ib. Vaste opposition de textures faisant alterner une trame dépouillée avec des développements à densité croissant jusqu'à l'épuisement de la matière sonore.
  • Ic. Concluant sur un flux rapide et ininterrompu de figures imprévisibles.

Cette composition a fait couler beaucoup d'encre, et passe encore pour l'une des plus radicalement sévères de son auteur : on ne manquera pas cependant d'être attentif à l'extrême soin apporté dans la répartition des intervalles, ainsi qu'aux déflagrations convulsives, traversées de soubresauts spasmodiques d'une écriture rythmique qui ne renonce en rien à l'ivresse sonore chère à Boulez.

Robert Piencikowski.