Daniel D'Adamo (1966)

D'Ombra I (1996-1997)

pour clarinette basse, dispositif électroacoustique en temps réel

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 1996 - 1997
    • Durée : 12 mn
    • Éditeur : Billaudot
Effectif détaillé
  • 1 clarinette basse

Information sur la création

  • 29 September 1997, Paris, Ircam, Cursus de composition, Espace de projection, par Pierre Dutrieu, de l’ensemble Court-Circuit.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Ircam
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Mikhail Malt (encadrement pédagogique)
Dispositif électronique : temps réel

Observations

Lien vers un extrait audio du Concert Cursus : https://medias.ircam.fr/xe5cf50

Note de programme

L'écriture de D'Ombra est fondée sur une recherche musicale et un développement informatique menés autour de deux axes :

  1. l'analyse du son instrumental et les différentes formes de re-synthèses du son analysé,
  2. la formalisation de divers algorithmes de détection du son instrumental (détection des durées, des registres, de l'attaque et de l'extinction d'une note, etc).

Ces procédures, fonctionnant entièrement en temps réel, ont été conçues de façon à établir un lien musical étroit entre la partition instrumentale et l'électroacoustique.

Composée et réalisée à l’Ircam en 1997, dans le cadre du Cursus de composition et d’informatique musicale, et créée la même année par Pierre Dutrieu, D’Ombra I explore une relation de « double » ou de « miroir » entre l’électroacoustique et la clarinette basse. Ces deux dimensions produisent non un rapport de cause à effet, mais une troisième image acoustique : une ombre, dont la source est considérée comme absente.

En ce sens, la production du son de synthèse reste extrêmement liée à la production du son instrumental : la clarinette basse est analysée en temps réel, de façon à récupérer un certain nombre de paramètres servant à contrôler des oscillateurs ; la synthèse interprète alors le son instrumental, son dédoublement. C’est cette relation que j’ai explorée lors de la composition, une relation qui donne aussi à l’instrument certaines dimensions a priori absentes : une dimension harmonique, un registre plus étendu, un caractère polyphonique et des capacités spatiales plus amples.
Formellement, D’Ombra I explore des comportements musicaux plus ou moins systématiques qui font appel à une écoute inscrite dans le temps, plutôt qu’à une écoute instantanée. J’ai développé dans cette pièce la relation entre différents objets ou structures musicales participant d’un processus et la forme musicale qui s’établit en fonction de cette relation : une forme sensible, redéfinie à chaque écoute, où les hiérarchies musicales sont également instituées en temps réel. A quel moment une succession systématique de deux situations musicales distinctes est-elle perçue comme une continuité ou une discontinuité, comme une succession d’entités indépendantes ou d’éléments constitutifs d’un organisme plus important ?

Daniel Augusto D'Adamo, programme des concerts du Cursus de composition de l'Ircam, 29-30 septembre 1997, Espace de projection de l'Ircam