Pascal Dusapin (1955)

Fist (1982)

pour huit instrumentistes

  • Informations générales
    • Date de composition : 1982
    • Durée : 08 mn
    • Éditeur : Salabert, Paris
    • Commande: ensemble 2e2m
    • Dédicace : à Christian Bonnefoi
Effectif détaillé
  • flûte (aussi flûte piccolo), hautbois, 2 clarinette (aussi 1 clarinette basse, 1 clarinette contrebasse), basson (aussi contrebasson), saxophone soprano, 2 trompette, trombone (aussi trombone basse)

Information sur la création

  • 18 April 1983, France, Paris, Centre Georges-Pompidou, par l'ensemble 2e2m, direction : Fahrad Mechkat.

Note de programme

Le terme fist peut avoir deux significations selon la langue employée. En anglais, c'est le poing. En français, c'est un oiseau du sud de la France, appartenant à l'ordre des passereaux, et qui tient son nom de son cri : fist, fist, fist… Il y a donc deux idées : la force et la légèreté.
Pascal Dusapin

Composé à la villa Medicis, du 29 janvier au 8 avril 1982, alors que Pascal Dusapin travaillait à la notion de mouvement, Fist, contemporain de Tre Scalini (1981-1982), pour grand orchestre, et d'Incisa (1982), pour violoncelle, s'applique à juxtaposer, à décliner deux moments musicaux, deux états du matériau, où l'héritage de la Momentform substitue aux cellules de Stockhausen deux blocs sonores distincts : la première section superpose trilles, trémolos, glissements micro-intervalliques, figurations rapides et ornementales, sons mobiles et fragiles, instants de frissons imprévisibles à des notes tenues qui constituent l'architecture harmonique du moment.

La deuxième section, essentiellement verticale, rompt subitement l'hétérogénéité, la simultanéité et la ténuité des textures, pour déployer, implacable, ses sonorités martelées et acides, créées par les modes de jeu des anches, pincées, et des cordes, aigres.

Mais le schématisme d'une telle opposition entre la force et la légèreté est dépassé par une division flexible de l'ensemble en groupes, où le dialogue nerveux se développe à travers une écriture dense et dramatique qui veut régir le liminaire de son chaos. Les fugitifs duos de cor et de trombone ou d'alto et de violoncelle, les trios et autres configurations instrumentales mènent alors à une raréfaction contemplative qui s'abandonne dans un accord de huit sons, dont les tensions ne sauraient exclure quelques consonances.

Laurent Feneyrou, notice du concert Ensemble intercontemporain/Groupe Vocal de France, 10 janvier 1994.